MALOBI (Tubercules trempés)

Bi’Sira Mbuluani ! 

Ce soir, nous poursuivons le voyage que nous avions entamé en février dans les cuisines Ghisir et pour notre visite #AuPaysGhisir du jour, nous parlerons des MALOBI, une recette à base de racines de manioc dont raffolent les habitants du pays Ghisir.

Avant de commencer, j’aimerai m’excuser du fait qu’il y a quelques semaines, cet article ait été posté avant même la fin de sa rédaction. Beaucoup d’entre vous m’ont fait des retours sur l’état du poste ce jour là et je m’en excuse sincèrement tout en vous remerciant infiniment pour l’intérêt que vous portez visiblement à #LesLeçonsDeLaGhisir.

DIBOTY DI NENI !!!

Commençons.

Les MALOBI sont des TIMBA (Tubercules ou encore racines de manioc) consommés par la plupart des familles Ghisir et d’autre peuple du Gabon et d’Afrique Centrale en générale . Ce sont des tubercules bouillis que l’on a préalablement trempés dans de l’eau pour en relever le gout et modifier leur texture.

TIMBA (les Tubercules) peuvent être servis ou cuisinés sous plusieurs formes:

  • en BIRONGU (Casse-à-dents) ;
  • en MIRUMA (manioc) ;
  • en purée ;
  • et pour le cas présent, en MALOBI,

En réalité les MALOBI sont une forme de MURUMA (Manioc comme on le connait au Gabon) qui n’a pas franchi l’étape ou on l’écrase ou le rappe.

Laissez-moi vous livrer les quelques secrets que j’ai pu soutirer à ma grand-mère sur le MALOBI.

ETAPE 1 : TIMBA, la collecte du manioc

Je pense que vous connaissez tous le manioc, c’est une plante qui pousse dans la quasi-totalité des pays d’Afrique Centrale, et dont les feuilles, MUBATA, et les racines, TIMBA sont comestibles et font partie intégrante du patrimoine culinaire des peuples du GABON. (Voire image ci-contre)

Si vous en avez planté dans votre jardin ou dans votre champ, la première étape de la préparation du MALOBI est donc la récolte des racines de manioc. Il faut les déterrer pour découvrir le tubercule qui je le répète n’est autre que la racine de la plante appelée le MANIOC.

Une fois notre tubercule déterré, on peut préparer le MALOBI.

ETAPE 2 : DIBA TIMBA (Tremper les tubercules)

C’est à cette étape que le MALOBI est fait… Après avoir déterré les tubercules, on les épluche puis on les découpe en tranches avant de les tremper dans de l’eau propre, à température ambiante.

Le plus souvent, on cuisine les MALOBI avec des tubercules blancs que l’on immerge entièrement pendant 2 à 7 jours.

Plus les TIMBA resteront immergés et plus les MALOBI seront pâteux (mous) et acide, parce que oui, les MALOBI ont une saveur, une texture et parfois une couleur différente du MURUMA (Le manioc tel qu’on le connait.)

La préparation ancestrale des MALOBI veut qu’on mette les tubercules pelés dans un panier en liane et qu’on immerge ce dernier au bord d’une rivière. Les courant d’eau (de la rivière) sont sensés accélérer le processus de fermentation du tubercule et réduire ainsi le temps d’immersion tout en produisant le même résultat.

Cependant, très peu sont celles parmi nos mamans et grand-mères qui les apprêtent encore de la sorte. Aujourd’hui, les MALOBI sont désormais trempés dans d’énormes récipients comme vous pouvez le voir dans l’image ou encore. 

ETAPE 3 : LAMBA, La cuisson.

Le MALOBI a plusieurs façons d’être cuit :

  • En tubercule : C’est la technique de cuisson préférée des Ghisir. La cuisson est la même que celle d’un tubercule, seulement vu qu’il a été trempé, on ne l’appellera pas TIMBA, mais MALOBI ;
  • En bâton de manioc : Ici, le MALOBI est emballé dans les feuilles qui servent à cuisiner le manioc ; la cuisson est pareille à celle du MURUMA, seulement, vu qu’il n’a été ni rappé, ni pilé, on l’appellera MALOBI, idéal pour accompagner une sauce de MUDIKA ;
  • En Bouillie : La bouillie de MALOBI est très connu au Gabon sous le nom de KUNU ; Oui les ami, le KUNU, le vrai est fait à base de MALOBI rapés et dilués dans de l’eau bouillante, remués encore et encore jusqu’à n’avoir plus qu’une bouillie idéal pour le petit déjeuner.

Voila.

Le voyage du jour s’arrête là… J’espère qu’il vous a plu autant que ça m’a fait plaisir de l’écrire.

A la semaine prochaine pour la découverte d’une autre recette de chez nous.

KA GHIELU GHI BOTY. 

Sources : Wikipédia, La maman et la mamie de @LaGhisir.

Crédit photo : @Xaviere27