L’ALPHABET de @LaGhisir

Bi’Sir Mbuluani !!!

Suite au nombre incalculable de questions que j’ai reçues quant à l’orthographe de bon nombre de mots, je me suis dit qu’il était peut-être temps pour nous de parler de L’ALPHABET GHISIR une fois encore.

Après relecture de la première leçon sur le sujet (disponible sur Twitter et dont je vous mettrai le lien à la fin de ce cour), je me suis rendue compte qu’à l’époque je n’avais peut-être pas été assez claire sur certains points, ce qui ne vous facilite pas forcément la compréhension de mes écrits, surtout pour les nouveaux. Mais bon… Je vais essayer d’y remédier.

Commençons.

De mon point de vue, L’ALPHABET GHISIR a 23 lettres, toutes issues de l’alphabet grec.

Il comprend 6 voyelles et 17 consonnes.

Il s’agit de : A, B, D, E, F, G, GH, I, J, K, L, M, N, O, P, R, S, T, U, V, W, Y, Z.

Vous l’aurez constaté, il manque plusieurs lettres de l’alphabet Français, je vous explique ce manque un peu plus tard.

Je départage ces lettres en deux groupes :

  • Celles dont la lecture est similaire au français ;
  • Celles sujettes à des exceptions propres à notre langue.

Les lettres similaires au Français :

B, D, F, I, J, K, L, M, N, O, P, T, V, W, Y, Z.

Les lettres sujettes à des exceptions :

  • A: Sa lecture est assez complexe, de base, il se lit comme en Français. Seulement lorsqu’il est en fin de mot ou dans un mot d’une syllabe, il emprunte sa prononciation à la lettre E.

On aura par exemple : GANGA (Attraper) qui se lira RHANGUE ; DINA (le nom) qui se lira DINE. GHU BA (Etre) qui sera RHUBE, et d’autres… Le plus simple à dire c’est qu’en fin de mot, le A est muet.

  • E est toujours lu soit É, soit È. Contrairement à ce que l’on peut penser, très peu de mots Ghisir contenant la voyelle E permettent qu’on la prononce sans accents.

E dans un mot est toujours lu soit avec un accent aigu, soit avec un accent grave. Cependant, certaines voyelles situées en fin de mot, lui emprunte sa prononciation normale en Français.

On aura par exemple : GHU YI (Manger) qui se lira RHOUYE, et d’autres…

  • G: Il est aussi complexe que « A ». lorsqu’il est entre une voyelle et une consonne se lira -GU- comme dans « Mangue » ;
  • GH: Il s’agit en fait de G situé en début de mot ou entre deux voyelles. Il se lit comme un R Expiré. Je préfère le distinguer du G simple et l’écrire ainsi pour faciliter la lecture et la différenciation des deux sons ;
  • R : Il est assez rare en Ghisir et se lit de façon très appliquée. Il est « Roulé», prononcé « RRR » ;
  • S est sifflé, même entre deux voyelles, qu’il soit doublé ou non, il se lit toujours comme un S doublé ;
  • U se lit OU.

Pour ne les avoir quasiment jamais vues nulle part, je pense que X et Q n’existent pas dans l’alphabet Ghisir. Je dirais que H non plus, pourtant vous le verrez beaucoup dans mes écrits. Je ne l’utilise que pour accompagner et marquer l’expiration effectuée lors de la prononciation de la consonne qui le précède.

Je crois avoir implicitement répondu à le question de savoir POURQUOI SUR MES COMPTES, GHISIR EST ECRIT AVEC UN H PLUTÔT QUE SANS. C’est un choix dé-li-bé-ré !!! [Rires], Pour éviter que les gens lisent JISSIR mais RHISSIR, comme on le dit dans notre langue.

Voilà !!! La leçon du jour est terminée.

Vous avez là ma proposition de l’alphabet Ghisir. Aussi longtemps qu’un travail scientifique n’aura pas été fait pour livrer un alphabet propre à la langue bantoue, j’utiliserai celui là, discutable certes mais bien à moi. J’espère qu’il vous aidera pour la lecture avenir…

Wisy iBotianu !!!

Vous pouvez comparer la nouvelle leçon à l’ancienne en cliquant ICI.